13 mai 2008

Bruno Venn, accélérer les réformes, promouvoir les marchés émergents

Par Lee Warrien (TàG Press +41, Press Agency)
Interview 2007


9522400_pEngagée dans des processus de réformes économiques et politiques ces dix dernières années, la quasi-totalité des pays d’Afrique a tout fait pour attirer les investissements étrangers. De réelles opportunités sont apparues sur tout le Continent. Le Président du « Conseil des Entreprises Européennes pour l’Afrique » (C.E.E.A.), fondateur du « Forum Economique pour l’Afrique », croit beaucoup au développement du secteur privé…
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De ses sénégalaises origines, ce Français genevois d’adoption, citoyen d’honneur de Montréal pour y avoir apporté ses contributions événementielles, est avant tout l’hôte du village mondial. Bruno Venn conserve toutefois pour sa terre, son Continent, une indicible affection construite sur une vision d’avenir : espérances inéluctables, potentiels inestimables et grandeur économique programmée… Pas étonnant qu’il préside le C.E.E.A. qui, au cœur d’une Genève internationale connectée sur le monde, s’impose comme un partenaire valable dans les processus d’une réflexion censée sur l’Afrique, son économie.

Qu’est-ce que le C.E.E.A. ?
- Une association de personnalités, d’entreprises, d’organismes et d’institutions dont le but est de contribuer à l’intégration de l’Afrique au processus incontournable de la mondialisation. Nous croyons fermement à son développement économique. Notre Conseil travaille en étroite collaboration avec les Gouvernements d’Europe, d’Afrique et les secteurs privés aux fins de contribuer au développement du commerce et des investissements en Afrique. Encore faut-il identifier et limiter les barrières qui empêchent le secteur privé européen de collaborer avec leurs homologues d’Afrique.
Votre credo ?
- Le regard des entreprises européennes face au Continent noir est en train d’évoluer. Elles prennent conscience de l’immensité de l’Afrique, de sa diversité, de ses potentiels. Elles sont donc de plus en plus prêtes à contribuer efficacement à son développement, en marge des aides de leurs états, par des partenariats et des sujets maîtrisés : privatisations, investissements, transferts de technologie…
Vos programmes ?
- Dans le but de construire une meilleure coopération commerciale entre l’Europe et l’Afrique, le C.E.E.A. développe de réels contacts et relations d’affaires par le biais d’organisations d’échanges d’informations et d’idées. Le « Forum Economique pour l’Afrique » (FEA) en est une réalisation. Nous vivons cette année sa troisième édition. Nous pensons que la meilleure voie en vue de permettre à l’économie africaine de s’intégrer à l’économie mondiale, c’est le développement du secteur privé en Afrique. En travaillant avec des Gouvernements, des Patronats et des Organisations internationales, nous pouvons jouer un rôle majeur dans leur concrétisation.
Quels sont vos atouts ?
- Notre force est de disposer d’un portefeuille relationnel exceptionnel. Nous avons accès aux décideurs d’Afrique et d’Europe. Notre association regroupe des entreprises majors, des PME-PMI, des entrepreneurs désireux de développer leurs activités en Afrique. Nous jouons donc un rôle facilitateur pour nos membres, en vue d’une activité commerciale directe en Afrique. Rencontrer les décideurs, pénétrer dans la sphère des affaires, des institutions financières et des organismes sous-régionaux, sont en général la clef de succès commerciaux sur le continent africain. Or, nous sommes en lien continu avec les structures gouvernementales africaines, les bureaux de développement économique. Nous disposons donc d’informations performantes qui servent l’intérêt de nos membres à l’affût de nouvelles opportunités.
Il semble qu’il y ait un fossé dans les mentalités ?
- La compréhension mutuelle des différences éducationnelles et culturelles entre l’Afrique et l’Europe permet une meilleure productivité. Elle fait partie de nos priorités. Nous serons volontiers l’avocat des politiques et programmes gouvernementaux lorsqu’ils favorisent et stimulent les relations d’affaires entre l’Europe et l’Afrique. De plus, se baser sur les partenariats existants permet de proposer des opportunités d’affaires novatrices. Notre Conseil s’active à appuyer les politiques et mécanismes favorisant l’implication européenne sur la plan commercial et industriel en Afrique. Disposer de relations avec les autorités est au bénéfice d’une meilleure considération du secteur privé.
Vous êtes le fondateur du Forum Economique pour l’Afrique. Comment s’explique sa place grandissante dans l’agenda économique?
- Nous avons misé sur le long terme, au détriment d’une progression qui aurait pu être plus rapide, si nous avions cédé à certains travers, comme celui de tomber dans le piège des velléités politiques et de la course à la visibilité médiatique. Nous sommes apolitiques et nos enjeux sont de privilégier l’angle économique. De plus, nous organisons pour nos membres, en marge du Forum ou lors de missions « sur-mesure », des entretiens de haut niveau, qui accélèrent la mise sur pied de partenariats.
Le C.E.E.A s’apparente-t-il à un lobby ?
- Nous sommes avant tout une structure d’informations commerciales et d’offres de partenariats qui associe les secteurs privé et public des deux continents. Nous créons un cadre de concertation et de réflexion prospective pour l’Afrique. Toutefois, nous sommes aussi un lobby lorsque nous appuyons auprès des autorités africaines, les réformes démocratiques en cours, que nous encourageons l’instauration de politiques conformes aux lois du marché et que nous contribuons au développement du secteur privé. Car nous sommes convaincus que ce sont les seuls gages de croissance et de sortie du Continent africain de la pauvreté.

Propos recueillis
Par Lee Warrien pour For Leaders Magazine

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